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INTERVIEW D’ALEXANDRA ROCHELLE PAR LA FFVB « Une finale, ça se joue à la hargne, à l’envie »

Moins de deux mois après la finale perdue de la Coupe de France face à Cannes (1-3), Béziers et Alexandra Rochelle retrouvent Coubertin et les Azuréennes samedi pour la finale de la Ligue A. L’occasion de s’entretenir avec la libero internationale de 34 ans.

Béziers, premier de la saison régulière, contre Cannes, deuxième, l’affiche de la finale est finalement logique, avec des playoffs qui ont, de l’extérieur, paru presque faciles pour vous…
Ça n’est jamais facile, des playoffs, mais c’est vrai que nous n’avons fait que deux matchs à chaque fois, cela nous a permis de nous économiser, mais Cannes aussi, donc ça s’équilibre. Après, on peut effectivement dire que c’est la finale logique, puisque nous finissons premières de la régulière, Cannes deuxième, mais il a fallu quand même se battre pour en arriver là !Après la finale de la Coupe de France perdue contre Cannes le 10 mars, vous disiez que vous aviez perdu sur l’expérience, comment combler ce déficit d’expérience en vue de la finale de samedi ?
On ne peut pas le combler, mais il faut que cette finale perdue nous serve de leçon. Certainement que ce jour-là, certaines joueuses ont eu la pression, on l’a vu sur le terrain dans la mesure, où d’habitude, elles ne jouaient pas forcément comme ça. Mais c’est normal, elles sont jeunes, disputaient une première finale, pour la plupart dans un pays étranger pour elles, avec du monde dans les tribunes, c’est toujours impressionnant et déstabilisant, ça l’est en tout cas plus pour une fille qui a 21 ans et n’a jamais fait de finale que pour une autre qui en a 30 et a dix finales derrière elle.Votre pointue américaine, Krystal Rivers, impressionnante cette saison en Championnat, était notamment passée à travers de son match, comment l’avez-vous sentie après la rencontre ?
Elle était triste, c’est normal. Après, au vu de la saison qu’elle fait, on ne peut pas lui en vouloir, elle a été très régulière cette saison. Elle est passée à côté de ce match-là, c’était une finale, un match-couperet, mais elle est bien revenue derrière. Elle est jeune, très talentueuse, a un gros physique, elle peut à tous moments « péter » son match, en espérant que ce soit le cas samedi.Du coup, l’approche de la finale de samedi sera-t-elle plus mentale que technique ou tactique ?
De toute façon, qu’on le veuille ou non, on aura toutes en tête cette finale perdue et ce que nous avons pu faire pendant ce match, donc forcément, chaque joueuse va essayer de se préparer mentalement en pensant à ce qu’elle doit faire pour que cette fois-ci, ça passe.Que pensez-vous de Cannes ?
Le point fort de cette équipe, c’est le trio Centoni-Kodola-Bauer, ce sont quand même ces trois-là qui ont le plus d’expérience et tiennent la baraque. Mais globalement, c’est une équipe avec de grosses individualités, de l’expérience, des filles qui sont passées par l’Italie, c’est une grosse écurie avec un gros budget, c’est normal de retrouver Cannes en finale.

Vous les avez quand même battues lors de la saison régulière, cela veut dire que vous connaissez la recette, non ?
C’est toujours différent entre un match de saison régulière et une finale. Un match de Championnat, on en perd un, on en a vingt derrière pour se rattraper, alors que là, c’est du quitte ou double, on ne peut pas trop comparer. Et on le voit sur les années précédentes avec Saint-Raphaël qui, il y a deux ans, finit huitième et arrive à passer tous les tours en playoffs, ce sont vraiment deux compétitions différentes, ça se joue à la hargne, à l’envie, au mental…

Béziers était en finale de la Coupe l’an dernier, se retrouve en finale de la Coupe et du Championnat cette année, peut-on dire que le club est devenu une place forte du volley féminin en France ? Quel regard portez-vous sur son évolution ?
C’est vrai que ça fait maintenant sept ans que je joue à Béziers. A part peut-être une année où nous finissons cinquièmes, à chaque fois, nous étions dans les trois premières ; sur six ans, nous sommes installées dans le Top 3, et nous sommes en finale de la Coupe et du Championnat cette saison, donc oui, on peut dire que Béziers fait partie des meilleurs clubs français. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on arrive aujourd’hui à avoir des filles qui, avant, ne venaient pas à Béziers, notamment des bonnes étrangères.

Comment expliquez-vous le succès du club ?
Je pense que ça reste un club familial, une ambiance de village. Nous jouons dans une petite salle, mais il y a toujours du monde, une banda, un groupe de supporters, c’est très festif, hyper convivial, je pense que les filles qui viennent jouer à Béziers sont contentes d’évoluer dans cette ambiance, d’être ainsi entourées. C’est un club où vous êtes vachement épaulées, vous n’êtes pas juste là pour vous entraîner et rentrer chez vous, il y a plein de choses autour qui le rendent attractif. Après, comme dans tout club pro, certaines joueuses ne sont là que pour un an avec des cultures et des langues différentes, mais c’est justement à une fille comme moi, qui suis là depuis longtemps, de se battre auprès d’elles pour véhiculer les valeurs du club.

Vous plaisez-vous toujours autant à Béziers et avez-vous l’intention de rester ?
Oui, ma vie est là, mon copain est viticulteur, les vignes ne vont pas me suivre ! Normalement, je devrais rester à Béziers, mais pour l’instant, rien n’est fait.

Au bout de tant d’années, vous devez en rêver de ce premier titre avec Béziers…
Oui, c’est vrai que je serais contente de remporter le titre, d’autant que je suis plus sur la fin de ma carrière qu’au début, des finales, je ne vais pas en jouer encore dix mille. Après, je suis tout à fait consciente que ça ne va pas être facile, qu’on ne joue pas un petit Poucet, mais oui, ça me ferait plaisir d’avoir ce titre avant que j’arrête.

Pour finir, parlons de l’équipe de France : vous étiez dans le groupe la saison dernière, comment avez-vous vécu cette longue saison internationale et remettrez-vous ça cet été ?
J’ai trouvé cette saison super, avec en plus la Ligue Mondiale, c’était hyper enrichissant, avec plein de voyages, on a fait le tour du monde, c’était exceptionnel, ça changeait complètement par rapport à ce que nous avions vécu avant, et ça donnait une autre dimension à l’équipe de France, une dimension mondiale, c’était un bon tremplin pour redémarrer. Cette année, je ne serai a priori pas dans le groupe, j’ai 34 ans, je commence à être fatiguée, je pense que j’ai donné et qu’il est temps de faire la place aux jeunes. Après, si on a besoin de moi et qu’on m’appelle, je serai toujours là, pour l’instant, ce n’est pas le cas.

Source : Fédération Française de Volley-Ball

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