Actus des angels

ARTICLE LNV : « Béziers, l’an 1 d’un nouveau monde »

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Champion de France au printemps dernier pour la première fois de son histoire, Béziers a changé beaucoup de choses à l’intersaison. Mais un objectif demeure : installer durablement le club en haut du classement.

Il y a des titres de champions de France qui s’inscrivent dans l’histoire plus paisiblement. Des premières gloires annonciatrices d’une grande et belle histoire. Sacré à Coubertin, en mettant à ses pieds le RC Cannes, titan du volley féminin français, Béziers, d’un seul coup, faisait monter ses anges au ciel. Pourtant depuis, tant de choses se sont déjà enfuies. Exit le coach, Cyril Ong, parti à Nantes, drapé dans le succès et l’amertume après sept années à tutoyer le haut avant de le toucher enfin. Exit aussi Krystal Rivers, meilleure marqueuse de LAF, et Eva Mori, passeuse géniale, envolées pour d’autres cieux.

Béziers est champion en titre et déjà en reconstruction. Plus de la moitié de l’équipe a été bouleversée. Elle a été étoffée aussi, pour subir au mieux les cadences infernales d’une saison à trois voies : LAF, Coupe de France et Ligue des Champions. Et sur le parking des Anges, pour conduire tout le monde, c’est désormais Fabien Simondet qui s’y colle. Le jeune entraîneur est un homme du sérail, un avisé donc. Entraîneur de la N2, assistant de Cyril Ong auparavant, Fabien ne s’est pas laissé submerger par les bouleversements. Au contraire, le garçon semble se plaire quand tout le monde s’affaire, à deux semaines de la reprise du championnat. « C’est assez paradoxal. C’est certain qu’il y a eu beaucoup de réflexions, que cela aurait pu mettre un peu de pression et de stress. Mais pour le moment, ce n’est que du plaisir.  Le groupe est sympa, vivant, ça travaille beaucoup. C’est peut-être parce que les matchs n’ont pas encore commencé, que l’on est encore dans notre bulle, mais pour le moment, personnellement, j’ai beaucoup de plaisir à travailler avec ce groupe », raconte le coach

Pas même une once de trouille donc pour ses grands débuts à la tête de l’équipe pro. Là encore, le fait de connaître les murs est un atout précieux, d’autant que le club s’est appliqué à l’entourer au mieux, renforçant le staff pour que les responsabilités lui pèsent moins. « Je suis de la maison, j’ai un peu des habitudes de travail. Le préparateur physique, le centre de formation, le corps médical, ce sont les mêmes. Le staff médical a été amélioré, avec l’arrivée d’un radiologue. On a deux kinés et deux osthéos, j’ai deux adjoints. Je me repose énormément sur eux, j’aime bien déléguer. Il y a un confort de travail, ce n’est pas comme si j’arrivais et que je ne connaissais personne», explique Fabien.

Chez les joueuses aussi, on a allongé la liste et Fabien dispose de solutions réelles sur le banc désormais. Il a deux passeuses, l’Américaine, Nicole Edelman, titulaire du poste, et l’expérimentée brésilienne, Keylla Ramos, vue un peu partout en France, et notamment à Venelles et Nantes en LAF il n’y a pas si longtemps. A l’attaque, sa pointue US elle aussi, Malina Terrell, arrive de Finlande avec un titre de meilleure serveuse et un jump de dingue, touchant à 3,15 m ! Le coach a misé sur les atomes crochus, les accointances. Janisa Johnson, déjà en place, a joué avec Terrell, tandis que la capitaine exemplaire, Juliette Fidon, retrouve cette saison sa coloc de fac, la polyvalente portoricaine, Victoria Pilar ! Et puis il faudra avoir plus qu’un œil sur la centrale finlandaise de 21 ans, Daniel Öhman, qui pourrait réaliser de grandes choses pour sa première sortie du pays.

Béziers est jeune et dynamique et la doyenne Alexandra Rochelle, maman dans quelques jours, se verrait bien chaperonner ce petit groupe en fin de saison ! Mais avant, il faut bien s’élancer. Avec la Ligue des Champions en deuxième plat de résistance – que le club ira jouer à Agde en attendant son futur Palais des Sports prévu dans deux ans -, les Angels devront avoir « la caisse ». A cette fin, Fabien ne les a pas épargnées en préparation, leur concoctant parfois des journées de 7 h sur le pré ! « On ne devrait pas la gagner, mais il faut prendre la Ligue des Champions comme une expérience extraordinaire, se lâcher, se régaler ! On ne va pas la brader, on va la jouer à fond », prévient l’entraîneur biterrois, qui place tout de même les objectifs ailleurs, en championnat. « Il faut viser le haut du panier, les quatre premières places et pérenniser notre présence en Europe », résume le technicien du champion en titre, prêt à s’élancer, sans peur, dans le grand monde.

Source : Ligue Nationale de Volley

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